Faramarz Falahi

Relations intergénérationnelles dans la communauté bahá’ie

Les enseignements de la foi bahá’ie mettent particulièrement l’accent sur l’importance de la vie communautaire et de la vie de la famille en tant que cellules de base de la société humaine. Ces enseignements nous apprennent que l’être humain a besoin de l’amour, de l’attention, de relations sociales pour vivre heureux et pour préserver sa santé physique et mentale. L’homme n’est pas fait pour vivre seul. C’est pourquoi les bahá’is à travers le monde, de quelque culture qu’ils proviennent ont adopté la vie communautaire intergénérationnelle. Cela ne signifie pas de vivre en communauté sous le même toit mais de construire des communautés où les membres se fréquentent en harmonie et solidarité, tout en gardant leur indépendance, leur liberté de pensée et de décision.

Une vie communautaire entre rencontres et participation

Les bahá’is établi·e·s dans une commune (ville, village) sont considéré·e·s comme membres de la communauté bahá’ie de cette commune. Chaque membre a sa propre vie familiale ou individuelle, mais participe à la vie de sa communauté, rythmée par des rencontres régulières : fêtes des Dix-Neuf Jours, commémorations et célébrations religieuses, réunions de prière et de méditation, ainsi que des rencontres d’approfondissement des textes sacrés. Il participe aussi à des réunions institutionnelles, lorsqu’il exerce une responsabilité administrative. Cette vie communautaire est vécue dans toutes les communautés bahá’ies à travers le monde. En Suisse, je la pratique dans notre communauté bahá’ie de Pully.

Cette vie communautaire favorise et renforce les relations intergénérationnelles en responsabilisant l’individu quel que soit son âge, sa formation, sa position sociale. L’un des principes fondamentaux de vie communautaire bahá’ie est celui de la consultation. L’application de ce principe donne le droit à chaque membre d’exprimer librement son avis dans tous les domaines. Ainsi tous les membres participent aux décisions qui affectent la vie de la communauté.

L’un des principes fondamentaux de vie communautaire bahá’ie est celui de la consultation.

Le concept bahá’ie de consultation

Bahá’u’llah, le fondateur de la foi bahá’ie nous enseigne :

« Le grand Être dit : le ciel de la sagesse divine est éclairé par deux flambeaux, celui de la consultation et celui de la compassion. Consultez-vous sur tous les sujets puisque la consultation est la lampe de direction qui guide et dispense la compréhension. »

Pour créer l’unité et prendre des décisions, les bahá’is ont recours aux principes et méthodes de « consultation », un processus harmonieux, non conflictuel, considéré comme une quête collective de la vérité. La consultation se caractérise par l’encouragement sincère à participer et par une attitude de respect envers toutes les opinions, dans un échange franc et courtois. Il est demandé de rester détaché de ses propres idées. Une fois exprimée, une idée appartient au groupe. Sur un sujet donné, des idées de solution sont ainsi présentées, complétées et enrichies par les avis exprimés. La consultation se poursuit dans le but d’atteindre un  consensus ou la majorité résultant d’un vote.

L’éducation spirituelle dans l’enfance

Une préoccupation prioritaire pour les bahá’is est l’éducation spirituelle et morale des enfants de la communauté. L’éducation spirituelle repose sur le principe de la noblesse de l’être humain. Chaque être est une création unique de Dieu, dotée de ses propres talents et capacités. Il est « une mine riche en gemmes d’une inestimable valeur ». 

Un amour profond pour les enfants, la manière de les traiter, la qualité de l’attention qui leur est accordée, l’esprit avec lequel les adultes se comportent avec eux, font partie des aspects primordiaux de cette éducation spirituelle. Il est important de créer une atmosphère dans laquelle les enfants sentent qu’ils appartiennent à la société et partagent son but. Ils sont aidés à vivre selon les normes dignes d’un être humain, avec amour et recherche d’excellence. L’enfance est la période privilégiée de la vie pour acquérir un noble caractère et développer les qualités spirituelles.

Grandir au sein de la communauté

Les enfants constituent le trésor le plus précieux d’une communauté, car ils sont la promesse et la garantie de la société future, largement déterminés par ce que les adultes font ou ne font pas pour eux. Dans le monde d’aujourd’hui, nombreux sont les problèmes et les défis auxquels nos enfants sont confrontés. Leur éducation spirituelle est d’une importance primordiale pour le futur essor de la société. Pour cette raison, nous devons leur offrir des normes et une discipline qui puissent leur servir de repères dans la vie.

Cette éducation des enfants qui commence au sein de la famille est soutenue et organisée également dans la vie de la communauté où ils ont toute leur place, en participant à toutes les activités, en les encourageant à donner leur avis, en développant des relations affectives et amicales avec leurs aîné·e·s. Les enfants et les ados sont considéré·e·s et traité·e·s comme enfants de tous et toutes ; toute la communauté se sent responsable de leur éducation et de leur bien-être. Les enfants se sentent respectés, aimés et responsabilisés. L’éducation et l’instruction de l’enfant est si importante que si la famille ne peut pas y pourvoir, c’est la responsabilité de la communauté d’y palier.

Dans les réunions, lors des fêtes, les enfants et pré-ados sont impliqués dans le programme de manière que toutes les générations contribuent à l’animation. En côtoyant les aîné·e·s, ils et elles prennent de l’assurance, apprennent à bien s’exprimer en donnant leur avis et acquièrent une vision optimiste de leur avenir où ils et elles seront des acteur·ice·s au service de l’unité et de la paix dans le monde.

Les enfants et les ados sont considéré·e·s et traité·e·s comme les enfants de tous et toutes ; toute la communauté se sent responsable de leur éducation et de leur bien-être.

L’entrée dans l’adolescence, une période accompagnée

Toujours dans le souci d’assurer la meilleure transition intergénérationnelle, les bahá’is se préoccupent d’une catégorie très sensible de leur communauté que sont les jeunes âgé·e·s de 12 à 15 ans. Cette période représente un âge particulier dans la vie d’un individu, parce que c’est pendant ces années que les adolescent·e·s quittent l’enfance et subissent un changement profond.

Ces jeunes sont encouragé·e·s à former des groupes encadrés par de jeunes animateur·ice·s, leurs aîné·e·s et s’engager dans des programmes de formation qui cherchent à accroître leurs capacités spirituelles et intellectuelles. Cette formation fournit à ces jeunes gens les éléments d’un cadre conceptuel axé sur la notion de service à l’humanité qui orientera leurs choix et leurs actions alors qu’ils et elles progressent vers l’âge adulte.

Un groupe de jeunes décide par exemple à rendre visite à une personne âgée pour lui rendre de menus services comme du jardinage, du nettoyage ou tout simplement pour la voir et l’assister dans l’utilisation de son smartphone. Un autre groupe peut décider de se rendre par exemple dans un EMS et offrir à participer à l’animation en présentant un spectacle.

Le rôle des personnes âgées dans la vie communautaire

Enfin une autre catégorie de membres de la communauté, que sont les seniors, sont également impliqués dans des activités éducatives et sociales animées par des projets de services conçus et organisés par les pré-jeunes. Par exemple, ils collaborent ensemble dans l’organisation de grands événements communautaires.

Auteur

  • Faramarz Falahi

    Faramarz Falahi est marié et a deux grands enfants. Il a exercé sa profession d’ingénieur civil dipl. EPFL et de manager de grand projets de construction d’utilité publique en Suisse et à l’étranger.

    Parallèlement à sa vie professionnelle et familiale, il est très impliqué dans la vie communautaire et institutionnelle bahá’ie en Suisse. Il est membre de l’Assemblée spirituelle locale des bahá’is de Pully et collabore au sein de plusieurs comités .

    Il est actuellement à la retraite et est très actif dans le dialogue interreligieux. Il est membre de l’association interreligieuse de l’Arzillier depuis sa formation et collabore au sein du comité exécutif en tant que représentant bahá’i.

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