Un mode de vie végane ne concerne pas seulement l’alimentation, mais de multiples aspects de la vie quotidienne. Les intérêts, les valeurs morales et l’environnement social sont déterminés par le véganisme. A juste titre, cette philosophie alimentaire peut être comparée à une forme de religion.
Les végétalien·nes renoncent à tous les produits d’origine animale. Mais cela ne comprend pas seulement des aliments comme le lait ou le miel. Les chaussures en cuir, les visites au zoo et les analgésiques testés sur les animaux sont également interdits. Ce comportement cohérent fait penser à une forme de religion.
Le quotidien des végétalien·nes
La majorité de la population suisse consomme régulièrement des produits d’origine animale. Mener une vie végane peut donc représenter un défi. Les personnes végétaliennes ne contrôlent pas seulement les ingrédients des aliments, mais aussi les méthodes de fabrication des produits cosmétiques et les composants des vêtements. C’est pourquoi les personnes végétaliennes doivent toujours rechercher activement des solutions qui leur permettent de concilier leur mode de vie.
D’autres personnes concernées préfèrent avoir froid en hiver, car elles ne trouvent pas de chaussures ou de vestes chaudes et véganes.
Les vacances en sont un exemple. Entre-temps, bien qu’il s’agisse d’une minorité, il existe de nombreuses alternatives végétaliennes. Mais ce n’est pas encore le cas dans le monde entier. Pour éviter le risque de ne pas trouver de nourriture adéquate en vacances, de nombreuses personnes véganes partent avec une valise pleine d’aliments véganes. D’autres personnes concernées préfèrent avoir froid en hiver, car elles ne trouvent pas de chaussures ou de vestes chaudes et végétaliennes. C’est pourquoi, à l’instar des personnes qui vivent religieusement et qui prennent leurs préceptes religieux au sérieux, les personnes végétaliennes peuvent se faire remarquer dans une société qui n’est pas végétalienne.
La vie végane ne se limite donc pas à l’alimentation. Néanmoins, la nourriture est un élément central. Si l’on compare le véganisme à la religion, la cuisine peut devenir un rituel important potentiel. Souvent, les personnes véganes ne choisissent pas seulement les ingrédients d’un plat de manière ciblée. Ce avec quoi les aliments entrent en contact est tout aussi important. Pour les grillades, les végétalien·nes ont tendance à emporter leurs propres barquettes. Ils évitent également les poêles dans lesquelles de la viande a déjà été préparée par le passé.

Communauté végétalienne
Étant donné que le mode de vie végane peut être très complet, il peut aussi être très identitaire. Selon le proverbe « qui se ressemble s’assemble », les végétalien·nes ont tendance à choisir leurs compagnons en fonction de leur propre mode de vie. Mais ce n’est pas toujours facile. Moins d’un pour cent de la population suisse est actuellement végétalienne. C’est pourquoi de nombreuses personnes végétaliennes se sentent automatiquement solidaires lorsqu’elles font la connaissance d’autres personnes végétaliennes. De même, les personnes de même tradition religieuse ont un sentiment d’appartenance mutuelle.
Ce n’est donc pas un hasard si les personnes végétaliennes se retrouvent souvent avec d’autres végétalien·nes et/ou vivent ensemble. Leurs partenaires ou colocataires ne doivent pas non plus consommer de produits d’origine animale entre leurs quatre murs. Il n’y a pas que des couples végétaliens et des colocations, mais aussi des plateformes de rencontre végétaliennes comme « VeganeSingels.ch ». Ces processus de communautarisation et de délimitation des frontières rappellent les communautés religieuses.
Conceptions morales véganes
Les personnes véganes rêvent souvent d’un monde sans produits animaux, où tout le monde serait végane. Pour y parvenir, certain·nes végétalien·nes tentent de convaincre leur entourage de l’intérêt du mode de vie végétalien. Ils en font même la promotion. Certains sites web végétaliens, comme « Vegan.eu », appellent les personnes végétaliennes à « convertir » d’autres personnes au végétalisme. La conscience d’émission pour la cause du véganisme fait penser à une mission religieuse.
L’état idéal sans produits animaux est cependant actuellement une vision d’avenir utopique. Bien que le véganisme soit devenu de plus en plus populaire au cours des dernières années, seule une minorité de la population suisse mène « une vie sans animaux ». Si cette minorité ne devient pas une majorité, certaines personnes véganes évoquent des scénarios apocalyptiques négatifs. La famine, les catastrophes climatiques et les maladies pourraient menacer les humains. De la même manière, certaines traditions religieuses décrivent des visions apocalyptiques de l’avenir.
Arguments végétaliens
Les raisons de devenir végétalien·ne sont nombreuses : nous pouvons citer le bien-être des animaux, la conscience de l’environnement et la santé.
Animaux
Les végétalien·nes mettent les deux espèces, l’humain et l’animal, sur un pied d’égalité. Il ne doit pas y avoir de hiérarchie entre eux et l’humain ne doit pas occuper une position particulière par rapport aux animaux. On appelle cette attitude « antispécisme ». Quiconque exploite ou même tue des animaux agit de manière discriminatoire. Car les animaux n’appartiendraient pas à la catégorie des choses. Cette conception montre que le véganisme peut cacher une conviction morale claire, tout comme cela peut être le cas dans certaines traditions religieuses.
Santé
Les végétalien·nes vantent les mérites d’un mode de vie végétalien par rapport à un régime alimentaire à base d’aliments d’origine animale. Le risque de maladies telles que le diabète ou le cancer ainsi que l’obésité est moindre avec une alimentation purement végétale, argumentent-ils. Pour une alimentation saine, les produits animaux sont « totalement inutiles ».
Parallèlement, le véganisme soulève régulièrement la question des carences. Les végétalien·nes ont trouvé une solution à ce problème. Les composants que l’on ne trouve que dans les produits animaux, comme la vitamine B12, sont souvent complétés par des compléments alimentaires.
Environnement
Être végétalien·ne ne serait pas seulement bon pour sa propre santé, l’environnement en profiterait également. L’argument principal est le suivant : les produits végétaux nécessitent beaucoup moins de ressources environnementales que les produits animaux. Pour pouvoir nourrir l’ensemble de la population mondiale et lutter contre le réchauffement climatique, le véganisme serait donc « la seule chose raisonnable », selon l’argument. Cette façon de percevoir ses propres convictions comme « les seules vraies » rappelle une fois de plus la définition d’une religion.
La conversion végétalienne
Les personnes qui décident de mener une vie végane passent souvent par un processus qui rappelle une conversion religieuse. Souvent, les personnes concernées apprennent pour la première fois l’existence du véganisme lors de rencontres personnelles ou par le biais des médias. Les vidéos dissuasives sur l’élevage intensif et les abattoirs peuvent être particulièrement impressionnantes. Le moment où une personne découvre le mode de vie végane est souvent décrit après coup par les personnes concernées comme une « ouverture de leur conscience ».
Souvent, le véganisme est précédé d’une alimentation végétarienne. Mais celle-ci est vite dépassée, car le végétarisme serait « incohérent ».
Après avoir découvert le véganisme, une personne a tendance à s’intéresser à ce nouveau mode de vie. Elle se procure des informations et échange avec des personnes déjà végétaliennes. Souvent, le véganisme est précédé d’une alimentation végétarienne. Mais celle-ci est vite dépassée, car le végétarisme serait « incohérent ». Une fois que les personnes ont finalement opté pour un mode de vie totalement exempt d’animaux, il s’ensuit une réaction qui change la vie. Elles suppriment les aliments d’origine animale de leurs menus, n’achètent plus d’édredons et construisent un nouvel environnement social.
Le véganisme : une religion ?
Un élément central qui fait cependant défaut dans le mode de vie végane est la croyance en une divinité transcendante. En outre, les personnes véganes ne se considèrent généralement pas comme des personnes religieuses. Il n’est pas possible de répondre ici à la question de savoir si le véganisme est une religion. Mais ce qui reste indiscutable, c’est que le fait d’être végétalien·ne est très vaste et ne se limite pas, loin s’en faut, à l’alimentation.
| Définition de la religion |
| Dans le domaine des sciences des religions, il n’existe pas de définition universelle de la religion. Les différents courants comprennent la religion de différentes manières. C’est pourquoi toutes les définitions de la religion ne se prêtent pas à une comparaison avec le véganisme. Pour pouvoir étudier une philosophie alimentaire comme une forme de religion, il faut en outre définir des points de comparaison valables. Pour cet article, les points suivants ont été choisis : prescriptions, rituels, identité et communauté, croyances, prétention à la vérité absolue et conversion. De plus, chaque personne religieuse vit une tradition religieuse de manière différente. Dans cet article, des comparaisons sont faites avec une « forme idéale » de religion. La question de savoir si la comparaison s’applique et combien d’individus s’y identifieraient reste ouverte. Le véganisme est-il une religion ? |
